Stilettos, bijoux clinquants et tenues sulfureuses : la Fashion Week affirme son extravagance dans le monde de la mode. La rue se transforme en un terrain de jeu où chacun tente de poser devant la caméra, ou, au contraire, de la fuir. Sans invitation, la photographe Sonia Reveyaz change le paradigme de l’ultramédiatisation de cet évènement en photographiant uniquement aux abords des défilés. Le trottoir devient le piédestal tant des fasionistas anonymes que des personnalités de la haute couture. L’espace public s’impose comme un territoire d’expression, un moment de performance, un espoir de reconnaissance.
En coupant les visages et en s’attardant sur les détails, Sonia Reveyaz rend l’anonymat aux personnes photographiées. Qui est mannequin ? Qui est spectateur ? À travers une série de mosaïques, la photographe réalise une documentation du réel, à la frontière de la photographie de mode. Entre admiration et regard sagace, cette exposition dévoile l’explosion de couleurs et la créativité débordante des looks. Les va-et-vient incessants de ce remue-ménage agitent les passants qui n’ont qu’une phrase à la bouche : “Sur le trottoir les fashions”.