L'EXPOSITION
Stilettos, bijoux clinquants et tenues extravagantes : la Fashion Week parisienne affirme sa démesure dans le monde de la mode. Pas besoin d’invitation, le plus croustillant ne se passe pas sur le front row mais directement dans la rue. En capturant les détails bling-bling et les scènes insolites, Sonia Reveyaz documente l’envers du décor de cet événement incontournable. Pendant une semaine, jeunes créateurs, mannequins en devenir et photographes se mélangent aux abords des défilés. Au milieu des flashs, cris et bousculades, on ne sait plus vraiment distinguer la célébrité des fashionistas anonymes. L’explosion de couleurs et la créativité débordante des looks créent une sorte de désordre rutilant dans cette fourmilière pailletée. Entre admiration et dérision, les va-et-vient incessants de ce remue-ménage éphémère agitent le monde parisien qui n’a qu’une phrase à la bouche : “Sur le trottoir les fashions”.
LE FESTIVAL
Cette exposition est présentée dans le cadre des Rencontres photographiques du 10e en tant qu’exposition satellite. Les RP10 sont une biennale qui présente des expositions de photographes dans divers lieux dU 10e arrondissement de Paris, à ciel ouvert et dans des espaces publics pour, toujours, rendre l’art accessible à tous·tes et permettre de confronter les regards.
LA PRESSE EN PARLE
“Bijoux de dents, chaussures poilues et autres performances vestimentaires : pendant la Fashion Week, le spectacle ne s’arrête pas au podium, il inonde aussi le trottoir ! Avec sa série « Sur le trottoir les fashions », titre tiré du célèbre extrait de l’émission Quotidien où un passant bloqué et agacé avait grincé, « qu’ils restent sur le trottoir les fashions ! », la photographe Sonia Reveyaz documente la frénésie des rues parisiennes aux abords des défilés. Là où les créateurs, les mannequins, les photographes et les curieux se mélangent, elle saisit les détails insolites, les attitudes théâtrales, avec flash, humour et légèreté.
Sonia Reveyaz capture un monde où tout semble possible. Les looks rivalisent d’audace, les couleurs explosent, et les rôles se confondent. Qui est mannequin, qui est spectateur ? La frontière s’efface, laissant place à une joyeuse confusion qui dit beaucoup de notre époque, où l’apparence devient performance.
Âgée de 27 ans, la photographe construit un univers à la fois décalé et saturé, nourri d’une observation attentive du quotidien. Sa pratique repose sur la répétition et l’accumulation, comme un inventaire poétique de la société du spectacle. Derrière l’humour et l’énergie de ses images, elle interroge notre besoin de représentation, cette envie d’exister dans le regard de l’autre, même l’espace d’un instant.”
Texte de Jeanne Hatier, assistante de rédaction du magazine Polka