Makrouts empilés, citronnades embouteillées, bricks garnies... Entre effervescence et attente, pendant quasiment un mois, Barbès et le quartier de la Goutte d’or deviennent des haut-lieux des festivités du Ramadan. Ces territoires du 18ème arrondissement font cohabiter plusieurs cultures entrelacées tant dans les mets et les objets que les architectures du quartier. Lors de la fête religieuse, l’espace public est pénétré par la foule fourmillante venue acheter ou vendre les divers produits cuisinés maison ou provenant de Rungis ou de pays de la diaspora musulmane. Cette machine économique et solidaire montre des scènes de vie ordinaires qui deviennent, malgré elles, des marqueurs identitaires affirmés.
Habitante de l’arrondissement, j’arpente depuis trois ans les rues des quartiers alentours pour capturer les détails et les scènes décalées de l’évènement. Dans un univers coloré et vibrant, je créé une archéologie sociale et culturelle en isolant chaque élément qu'il soit vestimentaire, alimentaire ou décoratif.