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SONIA REVEYAZ

Les Palmés

SPOT - Paris

2025
Cannes s’étire, s’invite, s’impose, entre mer et montagne, dans un entrelacs de lumière et d’ombres, où l’opulence se déploie au creux des passages dissimulés. Une ville-palimp­seste où chaque pierre, chaque reflet raconte un fragment d’histoire, entre faste assumé et confidences du soir. Le festival, avec ses tapis rouges, ses flashs et ses paillettes, dessine un écrin qui fascine autant qu’il déconcèrte, une scène où le spectacle ne se réduit jamais à ce que l’on croit. Né d’une invitation de Xiaomi à plonger dans l’effervescence du festival de Cannes, ce projet réunit dix artistes aux écritures visuelles contrastées. Ils ont posé leur valise et leur regard sur cette ville pour en déplier la géographie multiple et saisir ce qui, au-delà de la lumière crue, palpite encore. Une invitation au voyage sensible, à la dérive douce dans un Cannes fragmenté, où la beauté se niche autant dans l’éclat d’un costume que dans la trace fugace d’un mascara qui coule après une nuit d’insouciance, dans le scintillement d’un bijou que dans la fissure silencieuse d’une porte close. Ils célèbrent la force du collectif : dix voix qui se retrouvent pour tisser un récit cohérent dans toute sa pluralité. Leurs photographies épousent les reliefs et les creux de Cannes, en révélant l’éclat des souvenirs qui collent à la peau. Certaines capturent le vertige du festival, d’autres sa lenteur ou ses marges. On y perçoit du grain, du flou, une lumière franche ou hésitante. Le kitsch n’y est pas un repoussoir, mais une couleur parmi d’autres, une matière assumée, presque un rite. Depuis 1946, les photographes ont façonné l’iconographie du rêve cannois, en nourrissant l’imaginaire collectif. Mais derrière les flashs, d’autres regards se glissent. Moins pour documenter le prestige que pour explorer ce qui fait naître : des instants de flottement, de frottement, des présences inattendues, une vérité qui déborde le cadre. C’est dans cet interstice que s’inscrit cette exposition. À la croisée du documentaire, de la photographie de rue, de l’expérimentation visuelle, ces dix artistes prolongent l’histoire sans la répéter. Ils observent, s’approchent, transforment. Parfois dans le mouvement, parfois dans l’attente. Leur geste est multiple, jamais figé, ancré dans l’instant autant que dans l’intuition. Les récits se croisent, se répondent, se laissent traverser par la ville, ses bruits, ses corps, ses reflets. Ces artistes déjouent la superficialité souvent associée à Cannes. Ils transcendent le bling-bling en l’embrassant, le remettant en perspective, sans jamais en gommer les contradictions. Leurs images racontent une ville vibrante, complexe, parfois déroutante, où l’excès devient matière première, source d’inspiration et moteur de création. À travers leurs yeux, le festival n’est plus un simple événement, mais un théâtre d’expériences humaines, de souvenirs à demi-effacés et de micro-récits qui s’entrelacent. Le visiteur est invité à s’abandonner à cette ville, à son énergie paradoxale, à ses histoires contées sans fard ni concession. Plus qu’un simple portrait, cette exposition est un voyage, une traversée du too much assumé et du réel, du spectacle et de l’intime, du rêve et de la matière. Une autre manière de voir. Une autre manière de croire encore, à la force d’un regard. Même quand il traverse un tapis rouge. Rédigé par Oumaima Belouali, galeriste et curatrice de l’exposition