Rani habite seule un petit logis dans un quartier de Chennai, dans l'Etat du Tamil Nadu. C'est l'une des plus grande ville d'Inde, avec plus de 5 millions d'habitants.
Malgré les nombreuses opérations, sa peau ne peut se remettre totalement des brûlures causées par l'acide. Rani a du apprendre à vivre avec, elles font désormais parties de son histoire.
Son oreille a brûlé lors de l'attaque. Devant son miroir, elle place quelques mèches par-dessus pour combler le manque. Mais ses cheveux ont aussi été touchés, ils ne repoussent plus à certains endroits. Les chirurgiens ont utilisé les coins de peau indemnes pour réparer les parcelles de peau impactées.
Grâce à l'ONG, Rani apprend la cou-ture, elle est désormais passionnée. Elle a pu s'offrir une machine à coudre avec son nouveau travail. L'émancipation financière est une véritable opportunité pour les femmes qui souhaitent s'échapper de leur condition de femme au foyer.
A travers la couture, Rani se reconstruit.
Chez elle, elle continue à créer des bijoux pour ses proches ou pour les vendre lors de marchés.
Rani repense parfois à l'accident et à son mari qui est en liberté. Les attaques à l'acide ne sont pas systématiquement reportées, par peur de repré-sailles, et les agresseurs ne sont pas toujours condam-nés. Mais Rani veut désormais aller de l'avant. Elle arbore élégamment ses cicatrices, ornées de bijoux.
Son armoire est remplie de saris traditionnels, elle a toujours aimé prendre soin de son apparence. Toutes les femmes indiennes portent le sari une fois mariées.
Un coin de sa cuisine abrite un petit temple. Mais Rani ne prie que rarement, il s'agit plutôt d'une tradition hindoue ancrée dans la culture indienne.
Elle ne croit plus vraiment en la religion.
Sa petite fille vient lui rendre visite plusieurs fois par semaine. Ensemble, elles aiment créer des bijoux.
Rani, en pleine création.
Dans sa modeste cuisine, Rani cuisine des plats pour ses petits-enfants quand ils sont chez elle.
Rani garde précieusement cette photo avec elle, la dernière prise avant l'accident. Elle avait 35 ans quand son mari l'a attaqué à l'acide.
Chaque année, en Inde, c'est près de 250 cas de vitriolages qui sont reportés. Dans 65 % des cas, les victimes sont des femmes.