L'EXPOSITION
Que dit une maison de son époque ? Tout. La maison est aussi une composante importante de l’identité. Les objets traduisent les pratiques de consommation, l’architecture dévoile la structure de pensée d’une société. Les photos, tableaux, et autres suspensions accrochés au mur témoignent des souvenirs personnels. La maison est le lieu de transmission des valeurs familiales, symboliques, culturelles.

Ce projet a commencé à travers la résidence en Savoie de mon grand-père que je photographie depuis adolescente. Bissy, quartier pavillonnaire en périphérie de Chambéry, développé dans les années 1970, marque l’ascension à la propriété des classes moyennes. Je voulais archiver chaque détail de ce lieu avant que ces décors n’évoluent. Cette série de photographies dévoile un univers étoffé et kitsch, synonyme d’une époque singulière où les couleurs et les motifs révèlent la société de consommation d’un temps.

Je développe ce projet dans d’autres habitats de la génération de nos grands-parents pour témoigner des mœurs d’une période spécifique. Ces lieux sont éphémères, ils peuvent évoluer si rapidement, après un décès, un déménagement, des travaux, un héritage. Capturer l’intime, le foyer, permet de garder une trace des lieux avant qu’ils ne disparaissent.
LE FESTIVAL
Le festival Hors Cadre 2025 a pour ambition de renforcer la proposition plurielle de la 1ère édition, en haussant encore l’exigence artistique au travers, en particulier, d’un appel à projets nommé Focus, à destination des photographes professionnels de l’Occitanie.
À l’unanimité de ses membres, le jury a déclaré lauréates les séries de trois photographes-autrices : Elsa Beaumont (Gard), Caroline Peyronel (Lot) et Sonia Reveyaz (Hérault).
LA PRESSE EN PARLE
“Sonia Reveyaz est l’une des trois lauréates de l’appel à projets Focus du festival de l’image Hors Cadre, à Béziers. Son exposition “Chez toi” plonge dans la maison de son grand-père, en Savoie, qu’elle photographie depuis l’adolescence. Et en prolonge la mémoire de façon décalée.
"La photographie, je la vois comme un outil mémoriel et de souvenirs pour marquer le présent et laisser une trace. Souvent, je dis qu’au lieu d’écrire, je photographie".
Ses clichés, au format délibérément carré, forment une mosaïque de détails qui donnent une vision d’ensemble de l’intérieur et des gens qui y ont déroulé leur vie.
"On y trouve des décorations et des tapisseries typiques des années 60-70 et ce qui est drôle et émouvant, c’est que ça entre en résonance avec les souvenirs de nombreuses personnes qui les voient. À partir d’une maison qui n’est intime que pour moi, ça renvoie un écho universel chez plein de gens".
Observatrice au regard social aiguisé, Sonia Reveyaz traque, au flash et en couleurs, les codes et appartenances, le consumérisme et l’artificiel. Des séries thématiques (Cannes, Fashion week, ramadan à Barbès…) où l’accumulation devient un fil conducteur. Et laisse déjà son empreinte.”
Texte de Diane Petitmangin, journaliste à Midi Libre